La courageuse découragée

Ces derniers jours sont difficiles. Je ne sais pas où je vais et ce que je construis. Je ne sais pas si je suis capable de construire quoi que ce soit. Je remets en question le sens de la quête, l’intérêt même de celle-ci. Je repense aux nombreuses personnes qui m’ont dit que ce que je faisais était courageux : « Tu es vraiment courageuse de ne pas accepter le job salarié confortable sans rapport avec ce qui t’anime vraiment. » J’ignore si je suis courageuse ou stupide. Je penche très souvent pour la seconde option. Est-ce que vivre au RSA, ou même avec un job alimentaire à mi-temps, pour ne pas laisser tomber l’expression artistique, est un choix de vie rationnel ? Y a t-il un choix de vie rationnel ? J’ ignore si cette position est très mature ou irresponsable. Si c’est de la fuite ou de la lucidité. Est-ce que, quand on a essayé pendant plus d’un an et demi et que cela n’a pas fonctionné, il faut persister ? À partir de quand abandonner ? Faut-il poursuivre différemment ? Quand je regarde les offres d’emploi, je suis prise de panique, j’ai du mal à respirer. Quand on me parle des jobs rationnels que je pourrais exercer, pareil.

Pourquoi je me suis mise sur youtube ? Plus j’en énumère les raisons, plus elles s’échappent. Rationnellement, je peux l’expliquer. Ce sont des explications qui me rassurent, et m’angoissent aussitôt parce que précisément j’essaie de me les expliquer.

Je repense à une discussion avec Clément (un homme rencontré récemment sur un site de rencontre). Il m’a parlé de cette tendance que nous avions tous, ce besoin, de nous expliquer les éléments de nos vies, à posteriori, en créant des raisonnements solides, en faisant des liens logiques rassurants. Pour rendre nos choix rationnels. Alors que les raisons qui guident réellement nos choix sont très souvent presque anecdotiques. Ce sont des pistes explicatives que l’on écarte, car elles ne nous semblent pas suffisamment sérieuses. J’ai pensé au concept d’illusion biographique Bourdieusien. Et aussi, au cours des entretiens que j’ai menés durant mes études de sociologie, (je travaillais sur les représentations du sentiment amoureux en fonction de l’identité de genre et dans les couples hétérosexuels) aux raisons qui étaient invoquées par les hommes pour expliquer pourquoi ils étaient tombés amoureux. Cela ne reposait que sur du presque rien, du pas grand-chose. La couleur des yeux, des cheveux. Une inflexion de voix qui rappelait une personne chère, connue dans l’enfance. Cela m’avait mise en rogne, car j’ai pensé : « Les hommes hétéros ne tombent amoureux que pour des caractéristiques superficielles et se foutent de la personne réelle qu’ils ont en face d’eux ! De son tempérament ! De caractéristiques s’approchant plus de l’identité de celle-ci ! C’est trop irrationnel, imprévisible, et paradoxalement, tellement déterminé ! Cela rend les femmes interchangeables comme des objets. » Alors que cette façon de faire des choix est sans doute la plus proche de la façon que nous avons tous de faire nos choix. La seule chose qui diffère, c’est la façon dont nous nous les expliquons, à posteriori.

Ces théories, bien que je les accepte, sont très difficiles à concevoir pour moi. Je me les représente assez mal,  parce que mon esprit les refuse. C’est aussi difficile à concevoir que l’infini de l’univers. Cela me semble presque absurde.

Cette phrase qui me revient, proférée par une femme d’une cinquantaine d’années, qui déjeunait avec des amis, dans le bar-brasserie où je me rends quotidiennement : « L’absurde, c’est compliqué ! »

J’avais éclaté de rire.

Je crois que je suis une courageuse découragée.

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Embryonidée

Lorsque j’ai une idée, j’hésite entre l’écrire dans mon journal, l’écrire sur mon blog ou bien en faire une vidéo. Bien souvent, ce seul choix suffit à me décourager d’en faire un.

Il y a aussi toutes les questions annexes : si c’est trop intime, mieux vaut l’écrire. Mais, une vidéo peut s’écrire aussi. Il y a toutes ces choses que je donne de moi, gratuitement. Cela serait tellement plus facile d’avoir à parler de produits, faire tourner sa petite affaire, que les vidéos soient vues. J’envie ces youtubeuses parfois. Et puis, je reviens à la réalité : depuis quelques jours, pour meubler mon appartement, j’achète des choses. Cela me prend du temps. Une excitation qui dure quelques minutes et tout retombe. Le soir, c’est pire. Ce sentiment d’inutilité.

Je me suis vue, revenant chez moi, fière, avec tous mes sacs, les vidant littéralement sur le sol en petite montagne. Escalader cette montagne. M’assoir avec aplomb au sommet et là, dérouler le ticket de caisse, long très long, s’étalant jusqu’en bas de la montagne. Puis énumérer la liste des achats : table basse (citer la marque) : (Prix d’origine) Euros au lieu de … (etc) Tant d’euros économisés… (Dis sur un ton solennel).

J’ai éclaté de rire toute seule.

Depuis, quand je reviens chez moi avec un sac, cette image revient et je ris à nouveau. Mon imagination est sympa avec moi.

Quand j’y pense, et maintenant que je l’ai écrite, je me dis que cette idée aurait plutôt mérité d’être filmée. Mais si j’avais décidé de la filmer, je ne l’aurais pas écrite et encore moins filmée. C’est tellement de boulot une vidéo. Flemme souvent.

motivation

En attendant le petit bonhomme vert

Je rentre du marché. Il faut traverser une route. Petit bonhomme rouge. Il n’y a personne. Je passe. Il faut noter que très souvent, je me sens idiote car je reste de longues secondes dans cette situation, incapable de traverser à cause du bonhomme rouge. Avec personne qui passe. J’aurais eu le temps de passer 3 fois. 4 fois. 5 fois…

Au moment où j’arrive de l’autre côté, une femme me sermonne :

« Vous devez attendre que le petit bonhomme soit vert pour traverser quand-même !!!

Moi, (amusée) : – Oui, enfin, madame, il n’y avait personne !

Elle, (sèchement) : – Et bah c’est pas grave ! On attend quand-même ! »

De la réticence à la pensée critique

Je crois que ce qui me fait me sentir seule n’est pas la solitude réelle, subie de l’absence d’un autre. Je reprends conscience de ce sentiment assez régulièrement.

C’est avant tout une solitude ressentie, de voir cette personne en face de moi, et de ne pas pouvoir la rencontrer.

Je sens une grande inhibition à parler de soi, comme si le fait de s’ouvrir revenait à se rendre vulnérable. Je comprends évidemment l’idée que la confiance de quelqu’un se gagne et qu’un individu ne va pas déballer toute sa vie sous mes yeux ébahis. Ce que je ressens, c’est qu’il y a une barrière de plus en plus haute à franchir et qui ne laisse plus rien filtrer de soi. L’ego prend tant de place qu’il devient extrêmement difficile de s’adresser à un autre de façon personnelle. Cela va même jusqu’à une difficulté à connaitre ses goûts, ses opinions, que celui-ci va montrer une réticence au débat, ou, pour le dire plus simplement, une réticence à penser par lui-même. (Même si l’expression « penser par soi-même » peut-être interrogée).

Mon plaisir de la discussion est rarement satisfait dans le sens où je sens que les personnes que je rencontre refusent tout simplement de s’aventurer dans des conversations improvisées, pire, que toute tentative d’intellectualisation sera vécue comme une agression personnelle. Ainsi, une information dite avec une certaine véhémence pourra être interprétée comme une agression à l’encontre de son interlocuteur. Le messager confondu avec le message.

Il est vrai que certains sujets me passionnent et, de ce fait, je ne peux pas en parler avec distance ou détachement. Mais je comprends aussi que cette propension que j’ai à parler des choses avec autant d’émotions m’écarte des autres. Je passe pour une nana un peu folle. Quoi qu’il en soit, je sens qu’il y aurait beaucoup de sujets dont je n’ose pas parler sur internet, parce que lorsque j’essaie d’en parler autour de moi, j’ai très rarement un échange satisfaisant (dans le sens du débat). Je me heurte juste à de la fermeture. Et cela me fait plus de mal qu’autre-chose.

D’autre part, je me rends compte que mes études de sociologie m’ont énormément aidée à former mon esprit critique, mais qu’aujourd’hui, je me retrouve bien seule lorsque j’essaie de l’utiliser.

Analyser et débattre, ça n’est pas faire du troll, ça n’est pas faire du clash, ça n’est pas non plus déverser sa haine, ça n’est pas cibler une personne en particulier dans le but de la démonter. C’est juste s’interroger sur ce qui nous entoure, sur ce que l’on consomme, ce que l’on nous montre, sur les divers supports que l’on peut nous proposer sur Internet par exemple. S’interroger sur ce que cela dit de nous, de nos peurs-entre autres choses- c’est prendre la température, prendre un peu de recul, l’espace d’un instant.

Bisous !

Arrêter de couper les cheveux en quatre et autres histoires capillaires

 

(Écrit le lundi 16 Octobre 2017)

Faire du contenu sur youtube implique de montrer sa gueule. Parfois, c’est facile, d’autre fois, cela me paraît insupportable. En ce moment, je n’arrive pas à montrer ma tête. Je veux même en changer.

Il y a trois jours, je me rends chez un ami (Jache), nous déjeunons ensemble. Après le repas, je vois que la lumière est belle et spontanément, je lui demande si je peux faire quelques photos de lui. Il accepte, très facilement et avec enthousiasme. Il faut savoir que pour lui, il est difficile d’être pris en photo : systématiquement, lorsque l’appareil est braqué sur lui, c’est lui qui se braque. Mais voilà, tout s’est fait très vite et il n’a pas eu le temps de se « conditionner » (négativement s’entend). Je regarde les photos avec lui. Nous les trouvons très belles. Son visage est détendu, c’est assez incroyable. Des après-midi entiers à essayer de le photographier, sans aucune photo correcte. Visage crispé et yeux exorbités. Là, en à peine vingt minutes de prises de vue, quatre jolies photos. Une très jolie récolte. Dans cet élan, je me souviens que cela fait un moment que je veux participer au casting du salon de coiffure « Cut by Fred ». Pour ce faire, il me faut trois photos de moi : une de face, une de profil et une en pied. Je ne suis pas coiffée, pas maquillée, je n’ai pas beaucoup dormi, mais tant pis ! Je demande à Jache si il est d’accord pour me faire ces trois photos. Il accepte. En dix minutes, me voilà avec mes photos. Dans la foulée, j’envoie ma candidature, pensant ma chance si infime, qu’aussitôt la candidature envoyée, je l’oublie.

Il faut dire que cela a toujours été un petit fantasme pour moi, de me faire complètement relooker par un coiffeur professionnel. Le rêve du « avant » / « après » où l’on te rend méconnaissable pour toi et ton entourage. La grande transformation, le changement de tête radical. Le « Waouh, c’est vachement mieux ! »

Je ne vais chez le coiffeur qu’une fois par an. Cette personne a moins de vingt minutes pour te couper les cheveux, il faut donc que tu dises vite ce que tu veux, ou que tu montres une image de la coupe que tu veux. En général, la coiffure que tu trouves bien sur l’image ne tient pas à la coupe en elle-même, mais au brushing, c’est-à-dire à quelque-chose que tu seras incapable de reproduire quand tu te retrouveras toute seule chez toi. Ton imaginaire ne te permet pas, capillairement parlant, de savoir ce qui serait bien pour toi, pour la forme de ton visage. Alors te voilà sur les sites à essayer de déterminer le type de coiffure qui sublimerait la forme de ton visage, révélant sa beauté. Tu découvres, ébahie, que pour comprendre les coupes qui te vont, il faut que tu parviennes à déterminer quelle est la forme de ton visage : rond, ovale, carré, triangulaire. Déjà, je suis paumée. Le haut de mon visage est plutôt rond, mais le bas est carré. Foutue à ce stade. M’adressant à Jache : « Tu trouves que mon visage est carré ?

-Mais ça va pas ! Il n’y a pas plus rond! ».

Voilà, opération de relooking annulée.

Il y a deux ans pour mon anniversaire, j’avais voulu m’adresser à un bon coiffeur pour lui demander des conseils et lui donner carte blanche pour mes cheveux. J’avais googlé : « meilleur coiffeur paris ». Je prends rendez-vous, le type me dit que je peux passer à 15H. Super ! Toute guillerette, je m’y rends, le pas sautillant. J’attends une bonne heure sur le fauteuil avec les magazines. Un peu long…

« Alors toi, ce qu’il te faut c’est un beach waves !Tu as les cheveux plats au niveau des longueurs donc il faut apporter des boucles pour redonner du volume.  » Ok ! Je fais confiance ! Mais combien cela va me coûter ? 80 Euros ! Waouh ! Grosse somme d’argent, mais je ne vais chez le coiffeur qu’une fois par an et j’ai très envie de changer de tête. J’accepte donc. Deux coups de ciseaux (ma coupe de cheveux ne change pas) puis le type m’enroule les cheveux dans des bigoudis qu’il asperge d’un produit malodorant. Et je dois rester comme ça une bonne heure. L’enfer. Je commence à avoir des crampes et l’odeur est vraiment dérangeante. Pendant ce temps, il coiffe deux personnes en même temps et répond au téléphone. Quand enfin, il décide de me libérer des bigoudis, shampoing. Face au miroir, c’est l’horreur. Je ressemble à un caniche. J’ai envie de pleurer. Il me sèche les cheveux. J’essaie de faire bonne figure. Je me dis : « Comment ce type peut être répertorié dans les meilleurs coiffeurs de Paris » ? Au moment de payer, il me demande 150 Euros !!!!!! Bah oui, 80 pour le beach waves et 70 Euros pour la coupe !!! Quoi ?! Pour ces deux coups de ciseaux minables ? L’arnaque est totale. Le ton monte. J’ai envie de le buter. Mais je paie (que pouvais-je faire d’autre ?) Je suis affreuse pour ma soirée d’anniversaire. Mes cheveux sont restés bouclés pendant 6 mois.

Cela a été ma seule et unique expérience de « relooking ». Par la suite, je n’ai plus que demandé bien sagement à ce que l’on ne me coupe « que ce qui est abîmé ».

Sur le canapé, je lis : « En finir avec Eddy Bellegueule », Lola ronronne sur mes genoux. Je suis prise dans ma lecture, je ne pense à rien d’autre et encore moins à la candidature que je viens d’envoyer pour l’atelier « Cut by Fred ». Mon téléphone sonne. Un numéro de portable inconnu. Habituellement, je ne décroche pas, mais là, je suis curieuse. « Bonjour Marina, c’est P. chargée du recrutement casting pour l’atelier Cut By Fred ! » Je manque de tomber du canap. Mon coeur s’accélère. Je vire Lola de mes genoux et je me redresse un peu : « Ah ouii, oui bonjour ! »

Bref, j’ai rendez-vous mercredi pour qu’un coiffeur talentueux s’occupe de mes cheveux pendant 3 heures. Ça n’est qu’une histoire de cheveux et c’est assez superficiel. Mais qu’est-ce que cette superficialité me fait du bien en ce moment. Mon petit fantasme de transformation va se réaliser ! Et j’ai hâte !

Les fantasmes créateurs

Je repense à ce que m’a dit une connaissance,  il n’y a pas longtemps : « Il ne faut pas avoir trop d’attente ». Sur le coup, cette phrase m’a semblé sensée (elle l’est !) mais je déteste tellement les modes d’emploi de vie à base de « il ne faut pas faire ceci » que je me suis demandé en quoi mes attentes avaient pu m’aider, dans une certaine mesure.

Je m’aperçois que, globalement, je fantasme mes idées de création. Sur mes trajets quotidiens, je mets de la musique dans mes écouteurs et mon cerveau se charge du reste. Je me fais des films, c’est parfois pathétique, romanesque, tragique, et très souvent, drôle. J’étudie ensuite en quoi ce que je viens d’imaginer peut être réalisé en vidéo, écriture, dessin. Beaucoup de ces idées ne le sont pas. Parfois, je ne pioche que quelques lignes. La difficulté se situe à ce niveau-là : étudier la faisabilité, mais surtout, m’autoriser à alimenter mes créations de mes propres fantasmes. Je crois qu’il faut une certaine confiance en soi que je n’ai pas encore. Ou bien, ne pas trop réfléchir et se lancer. Gommer toutes les remises en question, tous les doutes qui me submergent dans ces moments là. Action ! Presque systématiquement, la peur de ne pas être comprise.

Ces deux derniers-mois, j’ai beaucoup d’idées qui jaillissent. Je les note. L’énergie pour les réaliser me manque. Je fais de la dispersion. Je commence une chose en me disant qu’il faudrait que j’en fasse une autre. J’ai du mal à hiérarchiser. Ce matin, je me lève, j’écris, comme d’habitude. Je pense ensuite à l’organisation de ma journée. Il faudrait que je tourne une vidéo. Mais j’ai les cheveux sales. Je vais à la salle de sport dans une heure. Je pourrais tourner après le sport. Ai-je vraiment envie de me filmer ? Je peux faire des photos pour alimenter mon vinted. J’ai tellement besoin de fric. Il faudrait tout installer. Je manque d’énergie. Je m’avachis en écrivant. Du mal à me tenir droite. Il faudrait faire des courses. Qu’est-ce que je peux faire avec les cheveux sales et ma tête du réveil ? Ecrire. Faisons cela. Je n’ai avalé qu’un café. Le temps est lourd, je sue à grosses-gouttes dans mon studio-cage-à-poules et cette lourdeur achève ma volonté.

Plusieurs idées de vidéos dont voici les « réalisables » : une, assez légère, sur la drague, « ultramodernes solitudes »qui est en cours et une autre idée de vidéo, beaucoup plus intime et beaucoup plus difficile à réaliser (au moins 3 jours de tournage et 4 de montage). Je veux avoir le courage de donner vie à cette vidéo. J’y tiens tout particulièrement. Cela m’obsède.

Mes attentes, tout comme mes fantasmes, m’aident à créer des choses, au delà de mes peurs. Même si je me rends bien compte qu’à certains niveaux (social par exemple), elles n’ont pas lieu d’être et me conduisent presque systématiquement à l’échec. Je les désamorce, petit à petit.

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Les amies

Comment fait-on pour se rencontrer quand on a raté le coche de se faire des amies à presque 30 ans ?

Mes trois amies sont maintenant toutes mariées, je ne les vois que maximum 3 fois par an. Le reste du temps, je suis seule ou dans une relation qui a tout de ce que l’on appelle : « la dépendance affective ». Le résultat est le même que si j’étais seule en pire : je suis seule avec le petit bonus que je me sens comme une merde.

Le fait est que je n’ai pas de solution pour rencontrer des gens. Il faudrait que je sorte toute seule dans des lieux alternatifs, que je me confronte à des groupes tout faits qui eux, ne sont pas dans la même optique de rencontre. J’ai déjà donné par le passé : je prenais mon courage à deux mains et je sortais. Je me souviens de mon angoisse terrible au milieu de tous ces groupes. Plusieurs personnes me demandant : « Ça va ? Tu as l’air perdue ! » Ces élans de courage, ces prises de risque n’ont absolument pas porté leurs fruits. Il n’en résultait que du stress et de la honte.

Je suis certaine qu’il y a des personnes dans mon cas : en décalage voir en opposition avec ce conformisme qui se fait particulièrement sentir vers la trentaine. Ce truc qui nous rend aussitôt infréquentables si l’on refuse d’en chier comme tout le monde dans un job salarié de merde, 35 H par semaine avec le but ultime de devenir propriétaire et de fonder une famille.

J’ai envie, de plus en plus, de revenir à un travail plastique. Il faudrait que je fasse les démarches pour obtenir un atelier, voir le partager avec quelqu’un. Il me faudrait rencontrer des personnes créatives (Surtout des femmes bordel ! Mon graal, c’est de me faire de vraies copines bien intentionnées!),  intéressées pour sortir dans des endroits underground, aller dans des lieux culturels, même boire un verre ! Des femmes également en recherche, qui n’attendent pas la solution toute prête à l’emploi, des femmes qui essaient d’être artistes, qui ne renoncent pas même si c’est dur. Des femmes qui aiment se marrer aussi.

J’ai presque l’impression de passer une petite annonce pour trouver des amies. Mais c’est le cas je crois. J’assume. Merde.

Tu m’écris ?

angoisse